réemploi n.m

1.Réhabilitation d’un ancien vestiaire en locaux paramédicaux  2. Chantier en cours 2.Commune de Vertheuil, marché public

Un autre des sujets nous tenant aujourd’hui à coeur est celui du réemploi de la matière première. Aujourd’hui, nous constatons bien souvent qu’il est plus rentable de faire table rase que de réutiliser la matière déjà présente. Ce type de logique de «marché» nous apparaît comme une aberration. Certes, le coût de la main d’oeuvre est élevé et celle de la matière première est en comparaison bien peu chère. Pour autant, nous ne voulons pas nous réduire à cette simple constatation. Il existe une souplesse au sein de cette réalité qu’il est à nous (architectes et artisans) d’exploiter finement. C’est pourquoi nous privilégions, dès que cela est possible, le réemploi du maximum de matières premières possibles. 

Ici, il est question de réhabilitation d’un vestiaire sportif en locaux paramédicaux. Pour nous, le vrai enjeu du projet se situait dans le réemploi d’un maximum d’éléments présents. Pour se faire, nous avons réalisé un inventaire et conçu le projet en fonction de ce relevé. Nous réutilisons sur ce projet : montants bois (cadre porte et cloisons), patères, mobiliers sanitaires, bancs, voliges, portes existantes, et réfection des joints seulement du carrelage mural.

La façade extérieure bénéficie d’une isolation par l’extérieur permettant un meilleur confort thermique et des économies d’énergies. Le bardage est en bois brûlé, les cloisons en structure bois (filière sèche), les sols en liège ( confort thermique et acoustique). 

L'avancée visuelle du projet est disponible ici : 

tentative de définition de l'entité corpusculaire groupe

Tentative de définition, on entend la tentation d'une définitive. Une envie de radicalité dans une réalité en pleine dualité. Paradoxes entre paradis et espaces gris. On voudrait lever la tête. Faire unité, se séparer, se perdre, se grouper. On est en mouvement, mouvance dans une civilisation figée par ses lois. 

Sentir l'isolat. Se mettre à distance pour saisir plus de puissance. 

Encourager l'entraide, décourager l'individualisme. Imaginer d'autres visions des choses que celles criées/dictées sur nos écrans. Partons ivres, pour tituber ensemble entre leurs cadres.

 

L'isolat, nous y avons mis beaucoup de nos envies, beaucoup de ce qui nous séparait du monde. 

On a dans la tête l'idée de faire de chaque endroit, de chaque projet, de chaque instant, un bout de cette île. L'archipel que nous concevons aujourd’hui peut paraître morcelé, inégal, fractal. Pourtant, cette archipel est relié par d'invisibles sillages qui se referment chaque fois derrière nous après notre passage. C'est l'une des conditions de notre force, de notre survie.Aujourd'hui, plus que jamais, nous dissimulons, nous fuyons et nous sommes d'impalpables gouttes d'eau qui glissent entre leurs mains.

 

L'isolat, c'est le double en creux de cette île. C'est un morceau d'elle qui s'est fichée en nous.

C’est une unité polymorphe où nous nous perdons parfois. Une entité que l'on porte et qui nous englobe. C'est un drôle d'oiseau qui tantôt se prostitue et fait le singe savant, tantôt porte au plus haut pinacle les idées les plus folles et nos rêves les plus fous. C'est souvent un mélange bâtard de nos aspirations et de ce à quoi nous réduit le réel, compromission et esclavage moderne. C'est souvent aussi une île loin de l'agitation et du bruit. Un espace où il fait bon vivre. Une parenthèse où l'argent n'est pas si difficile à obtenir. Cela ne nous permet pas de «  Vivre » comme ils disent. Car vivre est toute autre chose et nous le savons. L'isolat nous permet de faire semblant, d'être professionnel, de jouer le rôle qu'on nous a dévolu. Et même si le poids du vêtement est lourd, que la redingote nous enserre parfois la gorge, que la camisole fait sentir trop fort son étreinte, nous savons qu'au moins nous sommes ensembles pour partager les sourires complices et se moquer de nos propres rôles. A ceux qui passent notre porte et souhaitent faire chantier avec nous, n'hésitez pas à rentrer à visage découvert, ici le port du masque n'est pas obligatoire.

vieux objets n.m

Qu'il est bon d'acheter, d'assouvir cette irrésistible envie de consommation qui nous prend et nous traverse chaque jour ! Qu'il est doux le confort de nos vies ! Entendez vous ces pulsions capitalistes que vous abritez en vous ? Sentez vous la bonne odeur du neuf emplir vos narines ? Le neuf c'est beau, c'est classe, il vous distingue et vous surclasse.

Le dilemme est là. Ce neuf nous hante et nous plonge aveuglement dans le travail pour soulager les comptes financiers qui fuitent et se vident sans cesse. Nous attendons le jour de paye puis nous basculons à nouveau dans la course sans fin de la dépense.

Sauf que le neuf devient has been, détrôné par son ami l'ancien. L'ancien, il est vintage, il a du cachet et en plus, il est moins cher. Alors, les calculs s'enchaînent puis la raison tranche. Finalement, récupérer le vieux c'est pas si mal, surtout pour le compte en banque.

 

Alors, la mode se relance, et le vieux l'emporte. Et voilà que des espaces s'ouvrent et se dédient qu'à tous ces petits vieux sortis des placards ! Les gens affluent, se bousculent, se battent même pour certains !

Si certains ont la côte, d'autres restent les grands oubliés. Figés et intouchés depuis des lustres, ils attendent patiemment que quelqu'un lève les yeux et les remarque enfin. Errants sur des terrains où même la végétation les oublie, ils se détériorent jusqu'au jour où des camions débarquent et signent leurs peines de mort. Mort brutale qu'est la démolition totale, un vrai tabula rasa. Brisés en mille morceaux, écrasés puis avalés par de grosses bennes qui iront les jeter violemment parmi les déchets. Mais attention, déchets triés svp !

Ces vieux, ce sont ces fenêtres, ces tuiles, ces portes, ces planches de bois, ces lavabos, ces lampes, tous ces matériaux oubliés dans tous les bâtiments désaffectés et destinés à être démolis.

Alors, sauvons les ! Ouvrons un grand refuge où tout le monde pourra venir adopter l'un de ces adorables vieux et les emmener chez nous !